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Il y a peu de temps, une des deux poules de mon pĂšre sâest mise Ă couver nerveusement, pire quâAbraham Poincheval. BientĂŽt, il lui a trouvĂ© un Ćuf fĂ©condĂ© pour la sortir de son malaise. Et ça a marchĂ©, quelque temps plus tard elle paradait avec son petit poussin dans le jardin creusois.
PassĂ© quelques jours, voilĂ mon pĂšre rĂ©veillĂ© Ă 4h, par le chant dâun coq, se demandant bien lequel de ses voisins avait acquis une telle bestiole, il lui faudra quelques jours pour rĂ©aliser quâen fait câest lui le dindon de la farce puisque son poulet sâavĂšre ĂȘtre un coq. Soudain, on le voit dâun autre Ćil: mon pĂšre le trouve un peu poseur Ă chercher les points en hauteur pour parader plutĂŽt quâa bosser comme ses pairs qui cherchent Ă manger tout le jour. Bien vite il devient sujet de moqueries.
àČ _àČ
Avant que jâoublie, câest maintenant confirmĂ©: je serai le 24 mars Ă Paris en compagnie de Maud PĂ©rez-Simon (MaĂźtresse de ConfĂ©rences en littĂ©rature mĂ©diĂ©vale) et Delphine Grenet (Doctorante en histoire de lâart mĂ©diĂ©val), pour discuter du livre que jâai fabriquĂ© en ArdĂšche sur les Couples InĂ©gaux par Alison G. Stewart. Ce sera Ă la librairie lâAtelier, 2bis Rue du Jourdain dans le 20e Ă Paris. Vous pourrez y acquĂ©rir le livre et sinon il est disponible avec les autres dans ma boutique. Maintenant revenons en Ă nos coqs.
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Autour de 1498, le jeune DĂŒrer grave lâĂ©tonnante image, quâil nomme âHerculeâ dans ses carnets, et sur laquelle jâai dĂ©jĂ pondu une infolettre (#3 [đ]). Parmi les nombreux dĂ©tails, il y a ce coq hurleur juchĂ© sur la tĂȘte du Hercule un peu maigrichon et criant lui aussi. Dans lâinfolettre, je traçais le lien entre le HermĂšs recopiĂ© par Albrecht du tarot de Mantegna, dont le casque ailĂ© rappelle le couvre-chef de notre Hercule et un autre dessin de la divinitĂ© celte, Ogmios, toujours de DĂŒrer, oĂč le dieu, semblable Ă HermĂšs tient pendu littĂ©ralement Ă ses lĂšvres une assemblĂ©e. Il porte lui aussi un casque ailĂ©. Il sâagit en vĂ©ritĂ© d'une des nombreuses images dĂ©crites par Lucien de Samosate qui dĂ©crit Ogmios comme le nom dâHercule chez les Gaulois. Cette image dâune foule enchainĂ©e Ă des lĂšvres, on la croise parfois plus explicite sou le nom du Hercule Gallicus, Hercule gaulois, plus beau parleur que bagarreur, entre coq et gaulois il y a mĂȘme une homonymie en latin (tout ça vient dâEdgar Wind qui voit dans cette Hercule une preuve de lâhumour de Albrecht). On recroise une variation de ce dĂ©tail dans lâApocalypse de DĂŒrer: un des adorateurs de la BĂȘte porte sur la tĂȘte un chapeau ailĂ© en forme de coq, peut-ĂȘtre un sĂ©ducteur par les mots comme lâantĂ©christ. La nuditĂ© grotesque de notre Hercule maigrichon et lĂąche fait de lui un bon candidat pour le rĂŽle. Hercule français un peu ridicule qui ne sait pas bien se placer dans la joute qui oppose tous les personnages de lâimage. Sur le flanc du coq couvre-chef, on voit une coquille dâescargot.
ÂŻ\_(ă)_/ÂŻ
Loveâs feeling is more soft and sensible
Than are the tender horns of cocklâd snails;
(Shakespare, Loveâs Labourâs Lost Act 4 Scene 3)
qâášâ
Comme toute figure glorieuse, Hercule frise parfois le ridicule quand ce nâest pas pour sây rouler. Ă la renaissance câest notamment le thĂšme dâOmphale, Ă©niĂšme illustration du Pouvoir des Femmes (dĂ©jĂ croisĂ© dans lâinfolettre #9[đ©ââ€ïžâđš]), qui donne lâoccasion de montrer Hercule fĂ©minisĂ©, rĂ©duit Ă filer devant Omphale qui lâa soumis. Souvent il porte ses vĂȘtements Ă elle tandis quâOmphale arbore la peau de lion et le gourdin. Il existe une toile bizarre du non moins bizarre Dosso Dossi qui semble lorgner sur ce thĂšme: Hercule vieux et couronnĂ© de fleurs manipule deux poids ronds, deux balles au bout de cordes, posĂ©es sur une belle table devant une joyeuse compagnie.
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Il y a une curieuse pratique chez les paysans anglais du XVe siĂšcle. Parfois, le coq castrĂ©, dĂ©virilisĂ©, subissait une greffe: on coupait lâĂ©peron Ă sa patte pour en faire une corne Ă son front. Apparemment si la greffe prenait, la âcorneâ pouvait grandir un peu. On parle de cuckoldingâ quâon traduirait aujourdâhui en cocufiage, jâen ai dĂ©jĂ parlĂ© dans lâinfolettre (#2[đ€]). Lâassociation coq-cocu est avĂ©rĂ© dans des images plus tardives.
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En vĂ©ritĂ©, les cocus ne sont pas ceux qui ont une femme grivoise [infidĂšle], mais plutĂŽt ceux qui couchent avec la femme dâun autre homme. Le mot vient des oiseaux qui pondent leurs Ćufs dans le nid des autres.
AndrĂ© Alciat, âLes Coquuzâ, Emblemes, Lyon, 1549
(sommairement traduit de lâanglais)
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Parmi mes coqs en image, il y a celui qui se dĂ©tourne un peu moqueur du pĂ©nis de DiogĂšne dessinĂ© par le Parmesan (puis gravĂ© par Caraglio). Platon ayant dĂ©fini lâhomme comme âun bipĂšde sans plumeâ, DiogĂšne aurait plumĂ© un coq et lui aurait lancĂ© un Ecce Homo đ, âvoici lâHomme de Platonâ.
Il y a celui qui chante dans les instruments de la Passion, rappelant les mots du Christ Ă Pierre: âJe te le dis en vĂ©ritĂ©, toi, aujourdâhui, cette nuit mĂȘme, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois foisâ
Et cette trĂšs belle bĂȘte qui accompagne le HermĂšs enluminĂ© de Robinet Testard que jâai reproduit Ă mon cours de poterie (vous lâaviez pas vu venir celui-lĂ ). Le coq est dâaprĂšs Lucien, encore lui, le plus loquace des animaux.
Sans oublier la femme nue qui vole sur un crĂąne de cheval tirĂ© par deux coqs en tenant une tourte (mais peut-ĂȘtre sâagit-il de poules).
á/Í - ÊÌŻ Í-\á
Lâexpression âCockâ (gallus domesticus) dĂ©signe au moins depuis le XVIe siĂšcle le sexe masculin, et on trouve ce genre dâassociation dans de nombreuses autres langues. On a longtemps cru que lâassociation coq-pĂ©nis Ă©tait liĂ© Ă la fonction urinaire et au (stop)cock (en anglais la valve qui contrĂŽle le flux dâun robinet, en allemand Absperrhahn qui contient la mĂȘme idĂ©e), aujourdâhui on a plutĂŽt tendance Ă tracer un lien formel entre la forme du coq de profil et lâorgane masculin (ah). Dans la gravure Le Bain des Hommes, DĂŒrer approche trĂšs explicitement lâentrejambe du personnage mĂ©lancolique dâun robinet surplombĂ© justement dâun petit coq (une association qui habite peut-ĂȘtre aussi cette image dont on avait dĂ©jĂ soulignĂ© lâĂ©trille tout aussi sexuel #6[đȘ„] ).
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En 1849, câest aussi sur des coqs que dĂ©cide de se pencher Arnold Adolph Berthold, lui aussi il castre et il greffe,mais pour Ă©valuer la rĂ©gression des caractĂšres secondaires lors de la castration et leur rĂ©apparition lors de greffes intra-abdominales (demander lâaide dâun adulte avant de le faire vous-mĂȘme). Sur le chemin de la testostĂ©rone (qui sera dĂ©couverte en 1935), il dĂ©crit avec des mots trĂšs humains les coqs non castrĂ©s comme âdes guerriers Ă lâassaut des poulesâ tandis que les castrĂ©s sont bien entendu âlanguides et pacifiquesâ.
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Autour de 1514 Ă Bern, Niklaus Manuel Deutsch a dessinĂ© sur une feuille plus grande que dâhabitude (31x21 cm) avec du charbon ou de la craie un grand personnage quasiment nu. Lâhomme porte juste un slip Ă froufrou qui rĂ©vĂšle la petitesse de son pĂ©nis, deux jarretiĂšres (un dĂ©tail dont Niklaus a tendance Ă abuser) et sur la tĂȘte un coq dĂ©braillĂ© soutenu par des cornes qui rappelle les coquilles sur la tĂȘte Ă coq de lâHercule de DĂŒrer ou des cornes de bouquetins. Il tient deux boules, des poids au bout dâune corde attachĂ©e par un anneau (rien Ă voir avec les petits pois de lâinfolettre #7 [đą]). Au-dessus de lui, un phylactĂšre clame:
NIEMMAN.KANSS.(A)LSS.WVšSSE(N)
Personne ne peut tout savoir
Cette phrase, vĂ©ritable moto de lâartiste quâil condense parfois en NKAW se trouve dans de nombreux dessins entre 1510 et 1515, souvent autour du thĂšme du pouvoir des femmes, comme cette dame qui tient un cĆur transpercĂ© par une Ă©pĂ©e ou cette autre sur le point de transpercer un cĆur dâune dague tout en regardant le monogramme de lâartiste. Une sorte de âqui aurait pu prĂ©direâ avant lâheure.
On ne sait pas pour qui Niklaus a fait ce dessin dâun taille inhabituelle, ce quâon sait en revanche câest quâil a lâa gardĂ© jusquâĂ la fin de sa vie. Comme son concitoyen Urs Graf, Niklaus a Ă©tĂ© mercenaire et a vu de prĂšs les horreurs de la guerre. Les pillages, les meurtres et les femmes violĂ©es qui nâont dâautre destin que de suivre les armĂ©es en se prostituant. On devine dans le mĂȘme temps dans leurs Ćuvres un regard inquiet sur le pouvoir des femmes. Vous vous souvenez peut-ĂȘtre du dessin-talisman de Urs Graf que jâai Ă©voquĂ© dans lâinfolettre sur les Ă©trilles (#6[đȘ„]) :
âDieu, faites quâelle mâaime ou que je me mette Ă la dĂ©tester/ou alors je mourraiâ
Les musĂ©es comme les chercheurs semblent sâaccorder sur le fait que cet homme dĂ©shonorĂ© est un cocu avec ses deux balles au bout dâune corde, comme le Hercule de Dosso Dossi, Ă©voquant, entre autre, les nombreux lassos que les artistes suisses ou allemands attribuent Ă VĂ©nus et aux femmes sĂ©ductrices.
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Câest probablement un proche de Urs Graf qui rĂ©alise un autre dessin sur le mĂȘme thĂšme. Cette fois notre cocu est, en plus, diminuĂ© physiquement: sa jambe repose sur une bĂ©quille. Il tient un arc maladroitement et une unique flĂšche, signe quâil nâa plus beaucoup de coups Ă tirer. Il porte une cuirasse qui dissimule son entrejambe et sa barbe est un peu plus fournie que celle du personnage de Niklaus. Il est quand mĂȘme pieds nus (les soldats quittant le lieu de batailles perdaient souvent leurs chaussures) et porte surtout sur la tĂȘte un beau coq qui le dĂ©visage. Dernier dĂ©tail pour les plus attentifs: une main est posĂ©e sur son Ă©paule sans que son/sa propriĂ©taire ne soit plus dessinĂ©e que ça.
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Jâai un autre coq sur la tĂȘte, câest dans une peinture de Quentin Metsys. On y voit un fou dont la marotte, non contente de redoubler lâimage du fou, nous montre ses fesses; il a de vraies oreilles dâĂąnes et tient un doigt sur sa bouche comme le dieu Harpocrate (qui nâa rien Ă voir avec le Marx Brother). Sur le front il a une excroissance bizarre, comme une pierre de folie et du haut de sa tĂȘte Ă©mergent un cou et une tĂȘte de coq hurleur. Mais ça câest peut-ĂȘtre liĂ© Ă jeudi-jeudiot.
AprĂšs Mardi gras venait jeudi-jeudiot: on organisait un combat de coqs. Les gagnants/survivants Ă©taient accrochĂ©s par les pattes, enfermĂ©s dans un panier ou dans un pot laissant dĂ©passer leur tĂȘte et, les uns aprĂšs les autres, les enfants du coin, yeux bandĂ©s, armĂ©s dâun bĂąton ou dâun sabre tentaient de lui couper la tĂȘte. Lâenfant gagnant Ă©tait dĂ©corĂ© de plumes et ornait sa coiffe de la tĂȘte du coq, comme un roi. On trouve aussi dans les cĂ©lĂ©brations de Mardi gras le âcoqueluchonâ, capuche surmontĂ©e dâune tĂȘte de coq et qui pourrait coller formellement avec certains couvre-chefs de fous ou mĂȘme le coq sur la tĂȘte dans lâApocalypse de DĂŒrer.
Quand au coq dĂ©capitĂ©, on le croise aussi chez Bosch, dans un coin de son JĂ©rĂŽme: on devine un renard roulĂ© dans son terrier aprĂšs un festin dont on voit les restes sous la forme dâune aile coupĂ©e et dâune tĂȘte de coq. De maniĂšre amusante ce dĂ©tail peint semble poursuivre un dessin de Bosch oĂč le malin renard sort de son terrier Ă lâapproche du vaniteux coq qui ne se doute de rien.
(ĂČâ Ăł)
Mike le poulet sans tĂȘte aurait survĂ©cu 18 mois aprĂšs sa dĂ©capitation en 1945. Impossible Ă confirmer ou Ă infirmer, lâhistoire a donnĂ© lieu Ă un festival Mike the Headless Chicken Festival et une statue dans la ville de Fruita.
âșâ(âïčâ)ââș
Autour de 1503, DĂŒrer grave deux burins montrant des armoiries. Lâun avec une tĂȘte de mort, lâautre un lion sur un blason surmontĂ© de rinceaux et dâun coq montĂ© sur un heaume. Il nâest pas posĂ© sur une tĂȘte, mais tout de mĂȘme installĂ© sur la partie de lâarmure qui couvre la tĂȘte. Hormis la prouesse technique des plumes, du mĂ©tal de lâarmure et des rinceaux, on ne sait pas bien expliquer cette rencontre de deux figures; le coq incarnerait lâaube dâun temps nouveau ou ferait Ă©cho Ă la lĂ©gende qui veut quâil soit le seul Ă effrayer le roi des animaux.
In ordine Phoebeo gallus est leone superior
Dans la hierarchie de Phébus (Apollon), le coq est supérieur au lion.
Marcile Ficin, De vita libri tres, 1489
En tout cas, en tant que burin il a Ă©tĂ© pensĂ© comme un objet commercial et produit en sĂ©rie. On trouve un autre blason avec un coq dans une sĂ©rie plus ancienne du MaĂźtre E.S.: sur lâimage un personnage oriental tient deux blasons, lâun avec un coq, lâautre une patte en gros plan avec lâergot bien visible.
(â©â ÊÌŻâ)âââïŸ.*
Jâai trouvĂ© un dernier coq sur la tĂȘte qui nous aidera peut-ĂȘtre Ă boucler tout ça. On est encore en Suisse, câest Urs Graf qui est Ă lâouvrage, et le format est de nouveau assez curieux: une grisaille en tempera, la peinture Ă lâĆuf, de 70 par 50 cm. Le sujet, on le connait par cĆur: Saint Georges terrasse le dragon quâil Ă©crase de son pied en levant une menaçante masse dâarme. Contrairement Ă lâhabitude, pas de princesse Ă sauver Ă lâhorizon.
Que nous offre alors cette variation ? On pourrait commencer par le cul du cheval hors champ, coupĂ© net, comme si lâimage avait Ă©tĂ© tranchĂ©e, ou la touche blanche qui fait ressortir du tableau trois yeux: celui du dragon suppliant, les mains en arriĂšre dans une pose humanoĂŻde, celui de Hercule mi-clos comme un ouvrier dans un abattoir sur le point de finir sa journĂ©e (notez sa fringante moustache), celui du coq, enfin, tournĂ© vers nous lâair rigolard. Le coq fixĂ© sur le casque de notre hĂ©ros, lâaile tendue, venant complĂ©ter la cuirasse qui rappelle celle de nos dessins de cocus.
Maintenant si on regarde un peu plus longuement, on relĂšve une singularitĂ© que je croise ici pour la premiĂšre fois. Sous la lance brisĂ©e en plusieurs endroits, motif classique du saint Georges, on distingue une masse inhabituelle entre les jambes du dragon. Des petites boules, comme des Ćufs de grenouilles, dâailleurs Ă bien y regarder les dragons dans les Georges de Urs Graf ont souvent quelque chose qui ressemble Ă une poitrine. Le dragon serait une dragonne ? Câest un dĂ©tail quâon devine parfois dans dâautres saint Georges par la prĂ©sence, souvent touchante, du moins pour un regard actuel, de bĂ©bĂ©s dragons qui voient leurs gĂ©niteurs/gĂ©nitrices mourir sous la lance de Georges, quand ils ne sont pas eux-mĂȘmes dĂ©jĂ morts. Urs Graf se projette-t-il dans ce Georges pourfendeur dâune monstrueuse femelle sur le point dâenfanter ? Le moque-t-il et prendrait-il le parti de la dragonne humanoĂŻde terrifiĂ©e ?
Encore une fois la Renaissance ne respecte pas nos hĂ©ros masculins qui devraient aider les hommes Ă se construire dans un monde ultra-compĂ©titif. DĂ©jĂ Hercule est ridiculisĂ©, mais ici câest mĂȘme Georges, un saint, qui se trouve coiffĂ© dâun coq un peu ridicule (au moins, Georges a une pilositĂ© faciale respectable). Le coq, on le devine ici, est multifacette, fiers Français, nous avons fait du coq notre emblĂšme (Pastoureau a consacrĂ© une Ă©mission Ă ce sujet), il peut effrayer le lion comme dans la fable de la Fontaine et je ne vous parle mĂȘme pas de son glorieux passĂ© priapique-solaire qui lâa vu associĂ© Ă de nombreux dieux dans lâantiquitĂ©, hĂ©ros fertile, tirant parfois le chariot dâEros, souvent phallique dĂ©jĂ , il a aussi un potentiel ridicule que les images semblent ici mobiliser.
(àžêêąê)àž
Trepidat in morem Galli [âŠ], trepidat sicut gallus gallinaceus.
Il sâagite Ă la maniĂšre dâun Gaulois, [âŠ] il sâagite comme un coq.
Erasme, Adages
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FidĂšle Ă la tendance actuelle, il faut aussi envisager le versant de lâarchĂ©ologie expĂ©rimentale, aussi jâai demandĂ© Ă mon pĂšre de porter autant que possible le coq sur sa tĂȘte afin dâĂ©valuer les vertus potentielles et les risques dâun tel couvre-chef, je vous tiendrai au courant des Ă©volutions de cet important dossier.
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Je vous dis Ă dans un mois, pour parler de je sais pas encore quoi; dâici lĂ si vous manquez de lecture vous pouvez lire la synthĂšse dâArtifexInOpere sur le Hercule de DĂŒrer.
Ou/et me suivre sur Instagram, Mastodon ou Bluesky oĂč je documente mes mises en ligne quotidiennes
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